On soigne de plus en plus par l'hypnose










 

Loin des clichés et des préjugés, l'hypnose médicale, de plus en plus utilisée dans les soins, de manière douce et professionnelle, se revendique comme une thérapie.

Brigitte, Toulousaine de 58 ans, addict aux tagadas, carensacs et autres sucreries, au point d'en ingurgiter jusqu'à 600 grammes, «sans m'en apercevoir, en quelques minutes» a cessé de fréquenter le rayon confiserie. «Il m'a suffi d'une séance d'hypnose», raconte cette patiente au départ «très cartésienne, rétive à l'hypnose», qui a sauté le pas pour vaincre un comportement alimentaire encombrant.

 

Comme Sabrina, infirmière âgée de 44 ans, originaire de Montauban, qui s'est débarrassée de son agoraphobie (peur des foules), contractée après les attentats de 1991 dans le métro Saint-Michel à Paris, grâce à une séance d'hypnose, en décembre 2014 : «Depuis, j'ai pu enfin prendre le métro et accompagner pour la première fois mon fils à un match de foot. C'est un vrai déblocage, je suis totalement métamorphosée».

 

«L'hypnose est un phénomène millénaire, développé et appliqué au XVIIIe siècle de manière très autoritaire mais que le psychiatre américain Erickson a utilisé sur lui-même, au XXe siècle, mettant le sujet au centre d'une thérapie apaisée capable d'atténuer voire supprimer la douleur, de traiter des phobies, des troubles du comportement, des dépressions…», indique le Léonard Amétépé, médecin psychiatre à la clinique Aufrery de Balma et coordonnateur du diplôme universitaire d'hypnose médicale de l'Université Paul-Sabatier, qui enseigne l'hypnose à la faculté de médecine de Rangueil.

 

«L'hypnose n'est pas un sommeil, au contraire, les gens sont hyperconcentrés», explique Maryse Bénézet, psychologue et présidente de l'Imheto (*), institut qui a formé à l'hypnose 244 professionnels de santé, du généraliste à l'anesthésiste, en passant par divers spécialistes, infirmières, kinés et autres chirurgiens-dentistes.

 

«Chacun est physiologiquement en hypnose toutes les 90 minutes, comme un enfant «dans la lune», note Jean Bergrasser, médecin anesthésiste réanimateur, «cet état de veille du cerveau est visible à l'IRM». Une validation scientifique qui explique, selon le Dr Amétépé, le succès récent de l'hypnose, technique en quête de reconnaissance nationale et européenne (Suisse, Belgique et Allemagne remboursent les actes d'hypnose médicale, pas la France).

 

« L'hypnose permet de soigner et même d'intervenir en urgence pour limiter la douleur et réduire voire arrêter des saignements ».

Dr Jean Bergraser, médecin anesthésiste réanimateur

 

 

Philippe Emery

 

Publié le 27/05/2015 à 03:51, Mis à jour le 27/05/2015 à 08:06

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